Saint Martin Lys - Abbaye - annexes

Les textes écrits en latin portants sur l'abbaye ont été déportés dans une annexe latine spécifique

Annexe 1 - 1070 Donnation de l'Abbaye de St Martin Lys à l'abbé Frotard de St Pons de Thaumière9

Les monastères unis à Saint-Pons.
Une bulle du pape Innocent II (1130-1143) nous donne une liste des monastères qui furent unis à Saint-Pons sous l'abbatiat de Frotard ou peu après 10. A cette date, cette enumeration n'avait, dans la plupart des cas, que la valeur d'un souvenir historique des droits reconnus sur ces abbayes au moment de la réforme monastique. Quatre de ces monastères appartiennent à la région audoise : Saint-Martin du Lez en Razès, Montolieu en Carcasses, Caunes et Saint-Chinian en Narbonnais.

Saint-Martin du Lez.
Ce monastère, situé dans la haute vallée de l'Aude, se trouvait en Fenouillèdes, une subdivision de l'ancien pagus Redensis qui était placée sous le dominium des comtes de Besalû. Il appartenait au pieux comte Bernard de le retirer de la détresse où « les hommes pervers » l'avaient réduit. Il le fit sans tarder, à la mort de son frère Guillaume. Ce fut un de ses premiers actes en faveur de la réforme monastique. D'accord avec le vicomte de Fenouillèdes, il soumit cette abbaye à Saint-Pons le 25 janvier 1070, presque au lendemain du concile réformateur de Gérone auquel avait assisté Frotard. Certains passages de la charte de donation méritent d'être cités; on y sent passer le souffle purificateur de la grande réforme ecclésiastique qui déjà, même avant le pontificat de Grégoire VII, enthousiasmait les âmes religieuses : « Puisque, par la permission de Dieu, nous voyons l'hérésie simoniaque chassée de notre pays sous les coups que lui ont portés les saints décrets, puisque nous voyons en plusieurs endroits l'église du Christ se réjouir de la restauration de la religion, il est juste que nous aussi nous devenions les auxiliaires de Dieu et que nous courions sus à ses ennemis avec confiance, courage et persévérance jusqu'à ce que la sainte Eglise de Dieu se réjouisse de nos labeurs pour l'accroissement de la sainte religion, tandis que nous-mêmes nous nous réjouirons du salaire divin qui sera notre récompense. C'est pourquoi, moi, Bernard, comte de Besalû par la grâce de Dieu, voyant au territoire de Fenouillèdes, au lieu appelé Lez, près du fleuve d'Aude, un monastère consacré à Saint-Martin tantôt la proie des simoniaques, tantôt celle des hommes pervers qui le dépouillent de ses biens au point qu'il est privé de toute sainte règle, réduit à presque rien et de toutes façons abandonné et transformé en désert, mû par une pieuse considération, j'ai le désir de le restaurer... »11
Après cette union, le monastère fut gouverné par des prieurs. En 1271, par suite d'un accord entre l'abbaye de Saint-Pons et l'archevêque de Narbonne, le prieuré fut lui-même supprimé et ses biens passèrent dans la possession de l'église de Narbonne ainsi que ses archives12

Difficile de croire que la situation se soit dégradée aussi vite entre 1045 et 1070. L'abbé Frotard me semble un grand opportuniste (sinon arriviste) pour faire grossir son abbaye (je vous laisse lire la référence 9 pour vous faire votre propre opinion). Mais il me semble qu'il s'agit plutôt là d'un gros montage au dépend d'une abbaye florissante mais isolée et ayant une volonté d'indépendance par rapport à ses suzerains. Je vous raconterai ma propre version, si j'en ai le temps...
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Annexe 2 - extraits sur Saint Martin Lys (Lez ou Lenis ou alenis ou lenesis) de Gallia christiana et de l'Histoire générale de Languedoc

Paragraphe spécifique sur St Martin dans Gallia christiana8 - Traduction par la SESA1 de ce texte

(il reste quelques trous à combler... - voir en "annexe latine" le texte complet)
Le monastère de Saint Martin de Lenis ou d'Alenis situé dans la vallée "Valcarne", comté de Fenouillèdes, dans le lieu appelé Saint Martin de la Pierre, sur les limites du Roussillon non loin du fleuve de l'Aude, ignore ses fondateurs. Parmi ses bienfaiteurs : Seniofredus comte de Barcelone (965) et Bernardus Bisuldunensis (1020). Les deux testaments sont donnés dans l'appendice Marca hispanica col 885 et 1027 -
Le monastère fut uni à St Pons en 1070 par l'abbé Frotard à la demande de Bernado Bisuldunensium, confirmé par le pape Lucio III dans un lette à l'abbé Hermengaudum de St Pons en 1182. A partir de ce moment l'abbaye fut dirigée par des prieurs.
quelques abbés :
1) Arnaldus I - années 3, 30 et 32 de Charles le Chauve,
2) Basileus, 1ère année de Charles le Simple, (voir le tome 2 de l'Historia Occitaniae page 35)
3) Sancio, avant la 13e année de Charles,
4) Odo I, 1ère année de règle de Louis d'Outremer,
5) Arnaldus II, année 2, 6 et 7 du règle de Louis d'Outremer,
6) Segarius et Asegaruis, années 13 et 13 du règne du même Louis et année 4 de Lothaire - lettre du pape Agapitus II en 954 (voir instrumenta Col 104.),
7) Segarius, Odeaces et Radulfus sont signalés en même temps dans une charte en l'année V de Lothaire,
8) Radulfus est signalé en 962 - années 9, 13, 15, 18, 20 et 23 de Lothaire, ce fut un homme d'une grande sagesse, il fit beaucoup pour le monastère,
9) Odo II, année 24 - 25, 29 et 30 de Lothaire,
10) Tructerandus I ou Attructerandus, années 2, 3, 5, 6, 7 et 8 de Hugon, il reparait aux années 1; 3, 5, 8 et 9 du roi Robert,
11) Bernardus, an XIII du roi Robert,
12) Trutterandus II peut être le même que ci-dessus, an XXIII du règle de Robert,
13) Willelmus, an 1038, 8e année du roi Henri - fils de Robert (24ème année),
14) Wilfredus, évêque de Carcassonne lui succède - Consécration de l'église en 1045.

Prieurs :
Berardus an 1074,
Gaucelinus, 1076
Petrus I, 1129
Pontius, 1145
Petrus II de Aseillno 1208 nommé par Guillelmus abbé de St Pons

Paragraphe spécifique sur la consécration de l'église de l'abbaye en 1045 dans Gallia christiana8 Instrumentat p 105 - Traduction approximative par la SESA1 de ce texte

(il reste quelques trous à combler... - voir en "annexe latine" le texte complet)
Consécration de l'église de St Martin de Alenis autrefois dans le diocèse de Narbonne, aujourd'hui dans celui d'Alet, faite par Gaufredus évêque de Carcassonne.
Le pape (??!- non) vint avec une multitude de gens - l'autel principal est dédié à St Martin. De chaque coté se trouvent représentés St-Just et de St-Lazare - A droite l'autel du St Sauveur et de tous les saints - à gauche l'autel de la Vierge avec de nombreux vêtements précieux.
les dépendances du monastère étaient - St-Pierre de Petra-lata (Lapradelle)
St Jean de Combret (localité disparue près d'Escouloubre)
Ste Marie de Courondes (localité disparue près de Cailla - prieuré)
St Etienne de Boulude (localité disparue Commune de Marsa)
St Michel d'Artozouls (ancien prieuré Commune de St-Martin-Lys)

Histoire générale de languedoc3

Tome 4 pages 722-723 édition Privat - Note CXLVIII ajoutée par les nouveaux éditeurs - Etablissements religieux du diocèse d'alet)
Dans le diocèse d'Alet, il y eut jusqu'à quatre abbayes, dont aucune ne subsistait au dix-huitième siècle. Ce sont les abbayes de Saint-Jacques de Jocou, Saint-Martin de Lez, Saint-Pierre de Fenouillèdes & Saint-Paul de Fenouillèdes.
Saint Martin de Lez - Cette ancienne abbaye située d'abord dans le diocèse de Narbonne, puis dans celui d'Alet après le 14esiècle, paraît, en 898, avec le titre d'abbaye dont elle jouit assez longtemps ; elle fut l'objet de liberalités des comtes de Fenouillèdes et de Bésalu et eut part au legs du compte Bernard, mort en 1020 ; sécularisée par Guillaume fils et successeur de celui-ci, elle devint, en 1022, un domaine de l'évêque de Carcassonne, Guilfred. Son église, qui fut, paraît-il, reconstruite peu de temps après, fut consacrée en 1045, par ce même Guilfred, à la prière de l'archevêque de Narbonne du même nom ; une fois consacrée, elle fut déclarée inviolable et devint un asile. Vingt-cinq ans plus tard en 1070, le compte de Bésalu soumit Saint Martin à Saint Pons de Thomières, dont la renommée était encore dans tout son éclat (cette union fut confirmée par le pape Luce III, vers 1182) ; il devait garder son titre d'abbaye, mais bientôt ce ne fut plus qu'un prieuré conventuel.
Les abbés de Saint Martin dont on connait les noms sont les suivants :
1) Basile, 898, première année de Charles le Simple après la mort de Eudes
2) Sanche, abbé avant 905,
3) Arnaud I, 928, trentième année de Charles le Simple,
4) Eudes I, 936,
5) Arnaud II 937-941,
6) Sigier, 948-949; en 954, il obtint une bulle d'Agapet II; paraît encore en 958,
7) Odevère, 959,
8) Raoul, cité dans un jugement de Seniofred, comte de barcelone, en 962 ; parait jusqu'en 974,
9) Eudes II parait de 978 à 984,
10) Tructerand I, 988 - 1005; reçut, en 994, une donation d'Eudes, comte de Razès,
11) Bernard, 1009
12) Tructerand II, 1023,
13) Guillaume, 1038.
Après son union à Saint-Pons l'abbaye fut gouvernée par des prieurs, dont on connait plusieurs, jusqu'en 1204 ; ce sont les suivants : Bérard, 1074 ; Gaucelin, 1076 ; Pierre, 1129 ; Pons, 1145, Pierre d'Azillan, 1204 [A.M]

Histoire générale du languedoc (Tome 2 page 35 édition de 1734- ou Tome 3 page 59 édition Privat)

LXIII — Abbaye de Saint-Martin de Lez dans le pays de Fenouillèdes.
Si Charles ne fut pas sitôt reconnu dans une partie de la Septimanie, le reste se soumit du moins à son autorité dès la mort du roi Eudes. C'est ce qui paraît, entre autres, par une donation -1 faite au mois de mars, la première année du règne du premier, c'est-à-dire deux mois après la mort de l'autre (898), au monastère de Saint-Martin, dans le pays de Fenouillèdes, et à Basile, son abbé. C'est le plus ancien monument que nous connaissions de cette abbaye, qu'on appelait Saint-Martin de Lez (de Lenis) et qui subsistait sans doute longtemps auparavant : elle était située-2 dans la partie de l'ancien diocèse de Narbonne, qui compose aujourd'hui celui d'Alet, près de la rivière d'Aude, dans un vallon nommé Valcarne, à une demi-lieue de Quillan. Elle fut florissante pendant le neuvième siècle et dans les suivants ; mais enfin, les seigneurs séculiers ayant envahi ses biens, elle tomba peu à peu par là dans le relâchement. Bernard, comte de Besalu et de Fenouillèdes, la donna-3 en 1070 à celle de Saint-Pons de Tomières pour la réformer, et elle n'eut plus depuis que le titre de prieuré conventuel : on y voyait encore des religieux au seizième siècle, avant les guerres des Religionnaires, qui la ruinèrent de fond en comble. Les anciens-4 monumens mettent au nombre de ses abbés : Arnaud, qui avait succédé à Basile la 30e année du règne de Charles le Simple (an 928); Séguier qui la gouvernait la 4e du roi Lothaire, et Raoul qui vivait la 8e du règne de ce dernier prince.
-1 Voyez tome V, Chartes et Diplômes, n. XX (en fait XIX - 2ième acte)
-2 Voyez tome V, Chartes et Diplômes, n. XX et n° LXXXIII.
-3 Ibid. n° CCXLVI,
-4 Archives de l'archevêché de Narbonne.

Un extrait p 144 T5 privat (original T2 P-87) du même tome indique ; "(Le Fenouillèdes) est en effet qualifié comté dans deux bulles du pape Agapet, l'une de l'an 950 et l'autre de l'an 954-5 et dans divers autres monumens du dixième siècle. La dernière de ces bulles confirme Ségarius, abbé de Saint-Martin de Lez, dans la possession des biens que son monastère avoit dans le comté de Fenouillèdes et dans ceux de Razès et de Roussillon , à la charge de payer une redevance annuelle à l'Église romaine. -5 Voyez tome V, Chartes et Diplômes, n. LXXXIII"

Un extrait p 145 (original T2 p-87 "Nous avons la preuve que Sunifred, comte de Barcelone, dominait sur ce pays : 1° dans un jugement-6 qu'il rendit la huitième année du règne de Lothaire, ou l'an 962, en faveur de Raoul, abbé de Saint-Martin de Lez et de son monastère, situé dans le Fenouillèdes" -6Archives de l'archevêché de Narbonne

Un extrait p 161 (original T2 P97) "On a déjà remarqué que , suivant le testament de Sunifred ,comte de Barcelone, ce prince possédait le comté de Fenouillèdes en deçà des Pyrénées. Ce prince , par cet acte-7, qui est un monument de sa piété et qui est daté du 1 octobre de la douzième année du règne de Lothaire, ou de l'an 965, donna divers domaines à la plupart des églises de la Marche d'Espagne et de la Septimanie, ...et enfin aux monastères de Saint-Martin de Lez et de Saint-Paul dans le comté de Fenouillèdes."-7Marca Hispanica, p. 885 et seq

Un extrait p 196 (original T2 P118) An 994 - Enfin la même Ermengarde et le comte Bernard (de Besalu) son fils, firent une donation la VI. année du règne du roi Hugues Capet en faveur de l'abbaye dé saint Martin de Lez dans le païs de Fenouilledes.

Un extrait p 207 (original T2 P124) An 995 - Enfin Eudes comte de Rasez, et frère de Roger comte de Carcassonne, était soumis à Hugues Capet dès la VII. année du règne de ce prince, ou l’an 995. suivant une donation -a qu'il ſit alors avec Altrude sa femme et Arnaud leur fils en faveur de l'abbaye de saint Martin de Lez, au diocèse de Narbonne à Tructerand son abbé-a Archives de l'archevêché de Narbonne

Un extrait p 256 (original T2 P153)

En 1020 - Mort de Bernard, comte de Besalu et de Fenouillèdes. Quelques jours après Oliba, évêque d'Ausone, et Guifred, comte de Cerdagne, ses frères, la comtesse Tote surnommée Adélaïde, sa veuve, et plusieurs des principaux du pays, tant ecclésiastiques que séculiers, firent procéder à l'ouverture de son testament, dans lequel il avait disposé de la manière suivante des domaines qu'il possédait en deçà et en delà des Pyrénées : il fait d'abord des legs considérables à la plupart des églises de la Marche d'Espagne, à l'abbaye de Saint-Martin de Lez, dans son comté de Fenouillèdes, et à celle de la Grasse (voir Marca Hispanica, p. 642 et seq. 1024, 1027 et p 963)?.

Un extrait p 260 (original T2 P156) An 1022 - Guillaume, comte de Besalu et de Fenouillèdes, moins religieux que son père, ne se contenta pas de disposer d'une manière simoniaque des abbayes de son domaine, entre autres de celle de Saint-Martin de Lez, dans le dernier comté, qu'il donna-8 à Wifred, évêque de Carcassonne ; il usurpa aussi les biens ecclésiatiques sans se mettre en peine de l'excommunication qu'il encourut à cette occasion. -8Archives de l'archevêché de Narbonne.

p309 (orig. T2 p186) L'archevêque de Narbonne pria-9 la même année (1045) Guifred, évêque de Carcassonne, de consacrer en son nom l'église du monastère de Saint-Martin, dépendante de son diocèse et fondée au comté de Fenouillèdes dans un vallon nommé anciennement Valcarne ou autrement Lez (Lenis), sur la rivière d'Aude. L'évêque de Carcassonne fit cette cérémonie en présence d'un grand concours de peuple, marqua les limites de l'abbaye et y établit un asile, ce qui fut confirmé par Guifred, archevêque du premier siège de la Narbonnaise, avec ordre aux autres évêques de sa province de le confirmer aussi. Oliba d'Ausone, Bernard de Béziers, Pierre de Girone, Arnaud de Toulouse et Béranger d'Elne souscrivirent en conséquence à l'acte de cette consécration, avec Bernard de Conserans.-9Voyez tome V , Chartes et Diplômes, numéro CXC.
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p379 (orig. T2 p 229) Bernard, comte de Besalu et de Fenouillèdes, donna des marques de sa piété en plusieurs autres occasions. Il rétablit-10 en particulier en 1070 la régularité dans l'abbaye de Saint-Martin de Lez, située dans le dernier comté. Pour maintenir la réforme dans ce monastère, il le soumit à l'autorité de Frotard, abbé de Saint-Pons, déclara qu'il n'y souffrirait d'autre abbé que celui qui y serait envoyé de cette dernière abbaye. Se défendit à ses successeurs d'y exercer aucune domination. Udalger de Fenouillèdes, qui se trouve souscrit à cet acte, était sans doute vicomte de ce pays. Le monastère de Saint-Martin de Lez perdit dans la suite le titre d'abbaye et ne fut plus qu'un prieuré conventuel dépendant de l'abbaye de Saint-Pons. -10Voyez tome V, Chartes et Diplômes, numéro CCXLVI.

p610 Cette vicomté appartenait alors à Arnaud-Guillaume, dont il est fait mention -11 dans un acte de l'an 1102, et qui se dit fils de Pierre-Udalgerii, vicomte de ce pays, dans une fondation qu'il fit dans l'abbaye de Saint-Martin de Lez. Ce Pierre, qui vivait en 1078, descendait de Guillaume-Arnaud, vicomte de Fenouillèdes, lequel fit-12 une donation à la même abbaye la huitième année du règne du roi Robert, ou au commencement du onzième siècle.-11Voyez tome V, Chartes et Diplômes, numéro CCCXXXIV, la 2ème charte citée sous ce numéro. (Ce texte ne fait en fait mention que d'une donnation à l'abbaye de grace et Arnalli-Guillemi n'y est fait mention que comme signataire...) -12Archives de l'archevêché de Narbonne.

Viguerie, anales de Carcassonne T1 p115

En l'année 1045, l'archevêque de Narbonne consacra l'église du monastère de St.Martin dépendant de son diocèse et fondée au comté de Fenouillèdes, dans un vallon nommé anciennement Valcarne, ou autrement Lez, Lenis sur la rivière d'Aude. Guilfred fit cette cérémonie en présence d'un grand concours de peuple, marqua les limites de l'abbaye et établit un asile. Le local où fut établi ce Monastère, est une gorge apelée la Pierre lis, le long de la rivière d'Aude et d'un très difficile accès, en montant du coté de Belvianes, aujourd'hui diocèse d'Alet. Cet établissement est bien propre à faire connaître combien à cette époque la vie monastique avait des attraits. Il parait cependant d'après l'Histoire du Languedoc (tome II, Page 156) que cette abbaye subsistait un assez long temps avant l'époque de 1045, puisque cette fameuse Histoire, à l'endroit que nous venons de citer, nous dit que Guillaume, comte de Bezalu et de Fenouillèdes, moins religieux que son père, ne se contenta pas de disposser d'une manière simonique des abbayes de son domaine, entre autres de celle de St Martin de Lez, dans le dernier comté qu'il donna à Wilfred évêque de Carcassonne.... Il est donc certain qu'à l'avénement de son épiscopat, il était déjà pourvu de l'abbaye de St Martin de Lez, depuis l'année 1022. Du reste, les vestiges du Monastère, notamment de l'église abbatial, paraissent encore. On y voit les murailles qui laissent apercevoir la forme des chapelles. Cette abbaye fut unie en 1070, à celle de St-Pons de Thomières. Le territoire du monstère de St Martin de Lez, aujourd'hui dépendant de la paroisse de St Martin, sur le nouveau chemin de la Pierre Lis, le long de la rivière d'Aude, forme aujourd'hui et depuis longtemps, une métairie appartenant à M. de Lhuillier, seigneur de Belvianes.
(Note - ceci a été écrit vers 1805)

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Annexe 3 - Détail historique et Etat du monatère à la fin du XIXe siècle

Livre de l'abbé J.T. Lasserre7

L'abbé J.T. Lasserre nous donne quelques détails historiques : La liste des abbés "de Saint-Martin, depuis Basile, 808, jusqu'à Guillaume, après 1045, en tout treize abbés, est moins complète (que celle de l'abbaye de Joucou).
L'an 1045, l'Evêque Guifred de Carcassonne fit la Dédicace de l'Eglise de Saint-Martin-en-Lez. Le Maître-Autel était consacré au grand Thaumaturge des Gaules, et un autre Autel, au Sauveur du monde et à tous les saints. On y découvrit beaucoup de reliques de Saints, dont le nom est inconnu sur la terre. L'Evêque de Carcassonne fut assisté des seigneurs et des Evêques de Toulouse, d'Elne, d'Urgel, de Béziers et de l'Archidiacre de Saint-Pons.
Peu après, cette abbaye fut unie à celle de Saint-Pons de Thomières, et ne fut plus qu'un Prieuré, dont on connaît quelques prieurs, jusqu'en 1204. Le Monastère de Saint-Martin de la Pierre-Lys ou de Lez comme l'appellent les anciennes Chartes, qui font remonter sa fondation, vers la fin de la première race de nos rois, fut surpris à fin du XVIe siècle par les Iconoclastes de la Réforme qui le ruinèrent de fond en comble, après avoir égorgé les Religieux et les Catholiques romains qui habitaient autour du couvent. On ne voit plus aujourd'hui que quelques pans de murailles, qui indiquent l'emplacement de cette antique abbaye et de son église qui avait le titre de Basilique
...
En 1877, "On voit encore au milieu des ruines du Couvent, du côté du midi, l'arceau du sanctuaire, et dans la nef, il y a quatre ouvertures en voûte, du coté du Couchant, où étaient des chapelles. L'ancien Monastère est converti en champs. Le cimetière, où l'on a trouvé beaucoup d'ossements, était en deçà du chœur.
Il y avait encore sur une montagne, au levant, une chapelle de Saint-Michel avec un cimetière.

Livre de Louis Fédié8

Le pays de Lez comprenait au moyen age l'abbaye de St-Martin-de-Lez et les villages de St-Martin, Axat, Artozoul, Cailla, Artigues et Quirbajou.
Il est question une première fois de l'abbaye de St-Martin-de-Lez dans un dénombrement des biens que l'abbaye de Lagrasse possédait en 780.
Par une charte de l'an 898, le roi Charles-le-Simple fait donation de plusieurs villages et terres à l'abbaye de St-Martin-de-Lez, située dans un vallon appelé Valcarne, aux bords du fleuve Aldae. Cette charte nous appren que l'église de l'abbaye avait le titre de basilique, et qu'elle était dominée par une tour au clochet d'une hauteur remarquable.
Une bulle du pape Agapet de l'an 954 confirma Ségarius, abbé de St-Martin-de-Lez, dans la possession des villages et terres que le monastère avait dans les comtés de Rhedez et de Fenouillèdes, à la charge de payer, comme l'abbaye d'Alet, une redevance annuelle à l'église Saint-Pierre de Rome. Voici les noms de ces villages et paroisses : Villages de Buxum Le Bousquet, - Perlas, Perles aujourd'hui hameau de la commune de Fosse. - Cassanges, Cassagnes dans la vallée de l'Agly. - Borosa, Vira près de Caudies, Paroisses ou églises de Sainte Marie in Coronulas du Caaunil, hameau dépendant de Puylaurens, - Saint Etienne in Barlorda, de la Gardiole, - Saint Jean in Combretto, Saint-Jean de Combrette près d'Escouloubre, - Saint Pierre de Petralata, de Lapradelle. Le village de Belvianes - Balbience- faisait partie du domaine de l'abbaye. Au treizième siècle Belvianes fut compris dans l'assignat de Lambert de Thury. Plus tard il passa entre les mains d'un seigneur du nom de Gayraud, qui fit reconstruire le chateau... Le chateau a été restauré à diverses époques.
Le couvent possédait du coté d'Artozouls, une plantation d'oliviers, ainsi que le constate le relevé des confrontations du monastère de l'an 955 dont voici un extrait :
Confrontat monasterium de une parte in colle de Olivis in via qui venit de Artolose, (le monastère confronte d'un coté la colline des Oliviers, sur le chemin qui vient d'Artozouls).
En 1045, sous le règne du roi Henri, l'église fut reconstruite et Guilfred évêque de Carcassonne en fit la consécration en grande pompe. L'acte de consécration porte confirmation au pouvoir de l'abbaye de toutes les paroisses, des villages et des terres qu'elle possédait et qui depuis la donation de Charles-le-Simple avaient pris de l'extension. Le couvent possédait en effet, à cette époque, outre les paroisses et villages dont nous avons fait le dénombrement, les paroisses de St-Michel d'Artozouls et Saint-Pierre de Voluto...
L'abbaye était à l'apogée de sa gloire et de sa splendeur, elle ne tarda pas à descendre. EN 1070 Bernard comte de Bésalu et de Fenouillèdes unit cette abbaye à celle de St-Pons, parce que la règle était trop relachée - Le Monastère ne fut plus qu'un simple prieuré - En 250 ans, il y avait eu 13 abbés - Simple prieuré il n'y eut qu'un prieur. Cet état dura jusqu'aux guerres de religion. Les calvinistes en 1573 après la prise de Quillan s'emparèrent du monastère, le détruirent et massacrèrent les religieux.

A une centaine de mètres au nord du village on voit (1880) quelques vestiges de maçonnerie émergeant du sol.
Le monastère existait en 780 (dénombrement des biens de l'abbaye de Lagrasse) d'après cette charte l'église avait le titre de basilique et était dominée par une tour d'une hauteur remarquable.
En 1045 sous le roi Henri l'église fut reconstruite et Guifred évêque de Carcasonne en fit la consécration en grande pompe.
En 1573 les calvinistes venant de Quillan détruisirent l'abbaye.
Il y a peu d'année (avant 1880 date du livre) on remarquait encore quelques vestiges de l'église ou plutôt de l'abside de forme demi-circulaire qui faisait partie de cet édifice. Naguère encore une petite fenêtre ogivale, placée du coté du midi avait résisté, en partie, à l'action du temps. Bientôt il ne restera plus trace sur le sol de l'abbaye de Saint-Martin-de-Lez.
On a découvert à diverses reprises sur l'emplacement qu'occupait l'abbaye des tombeaux monolithes qui avaient servi de sépulture aux religieux de ce couvent. On a trouvé dans ces tombeaux des médailles et des crucifix.
Nous croyons devoir constater que quelques-uns de ces tombeaux avaient pour couvercle une épaisse feuille de plomb.

Les dépendances de l'abbaye
P328 - Le village de Belvianes faisait partie du domaine de l'abbaye de St Martin Lys, en 954 (Bulle du pape Agapet),
P333 - Le village de Lapradelle ancien prieuré fondé au 11es. sous le nom de monastère de Saint-Pierre de Petra-lata. Ce prieuré qui était un établissement monastique des plus modestes a disparu, deux documents en parlent :
Le premier est charte de Bernard dit Taillefer, compte de Bezalu et de Fenouillèdes, daté de 1010, portant création d'un prieuré à Petra-lata ou plutôt conversion en prieuré de l'église existant en ce lieu depuis le 9es. et qui était une dépendance de l'abbaye de Saint-Matin-de-Lez. Le nouveu prieuré était déservi par les chamoines ayant à leur tête un abbé appelé Vadallus.
Le deuxième document est une bulle du pape Serge IV (1011) qui confirme la fondation

p 371 - Fosse - village de 119 âmes, désigné sous le nom de Fuxum, _Barosa, _Vira, village de 140 âmes, _Sanctus-Arnaldus, Saint Arnac, existaient au 9esiècle, et étaient des dépendances de l'abbaye de Saint-Martin-de-Lez.

La Pierre-Lis par H. Fons-Lamothe dans Mosaïque du Midi

Dans cet article l'auteur, à partir de l'histoire du languedoc en particulier de la traduction de la bulle du pape Agapet de 955, présente en quelques mots son ressenti sur l'histoire de l'abbaye.
Voir le texte complet dans la page "presse".

Article de l'abbé Mazière sur l'histoire de Saint Martin 2

(extraits)

St Martin Lys (St Martin de Lez) p93 ... Là où se trouvait l'église abbatiale subsiste aujourd'hui un petit monticule de terre, recouvert d'arbustes. dans ces arbustes, on voit encore les restes d'un arceau. Cette église avait été consacrée en 1045 par l'évêque Guifred de Carcassonne asté des seigneurs de la région et des évêques de Toulouse, Elne, Urgel, Bezier et de l'archidiacre de St Pons - Les fondations des remparts subsistent, le périmètre de l'abbaye fortifiée était d'environ 400m : les remparts ceinturaient toute cette étendue de terrain située sur la rive gauche du fleuve, en aval du village, entre la haute falaise et la rivière d'une part, et d'autre part la route et la voie ferée qui surplombent. ---
"Vers le milieu, sur les bords du chemin et de la rivière, on aperçoit des ruines.... Bientôt les masures d'une église attirent votre attention, des pans de muraille couverts de lierre et de lambrasques, des arceaux à plein ceintre, dépendant de l'église ou qui formaient un portique, des murs ras de terre qui vont se perdre dans les champs, une chétive maison rajustée à ces débrits et récemment réparée. Voilà ce que vous avez à observer" (1840- Mosaïque du Midi)..--. En 1830 le baron Tylor .... fit un croquis de l'église, nous y voyons les restes importants de la façade est... au milieu une grande porte d'entrée et de chaque côté 3 beaux arceaux à plein ceinttre. En 1877 - l'abbé Lasserre décrivant les ruines disait : On voit encore au milieu des ruines du Couvent, du côté du midi, l'arceau du sanctuaire, et dans la nef, il y a quatre ouvertures en voûte, du coté du Couchant, où étaient des chapelles. L'ancien Monastère est converti en champs. Le cimetière, où l'on a trouvé beaucoup d'ossements, était en deçà du chœur. Il y avait encore au levant, une chapelle St Michel avec un cimetière.... les pierres sont passées dans la chaussée de la route... elles ont formé le remblais de la voie ferrée et parois du tunnel. Note CB- La carte de Cassini indique le couvent sur la rive gauche de l'Aude

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Annexe 4 - complément à la malédiction du 15 août

Un complément a été ajouté sur le site Magie indienne - la hantise de Saint Martin Lys : Le village étant très petit et peuplé par quasiment toutes des personnes âgées très taciturnes et ne désirant pas parler de ça nous n'avons pas fait d'enquête mais rencontré dans un autre village de la région une dame d'un certain âge qui avait de la famille habitant le village de St Martin-Lys, jusque dans les années 70 et elle nous raconta qu'un de ses oncles incrédules était allé le 16 Août avec un de ses amis pour voir si tout cela était vrai sur l'endroit de ce monastère.
Ils s'étaient installés a l'endroit ou l'herbe n'a jamais repoussée et ont attendu bravant la malédiction... L'histoire ne dit pas s'ils ont assisté aux chants venus de dessous la terre ou vu un défilé de moines fantômes, toujours est-il qu'après ils sont revenus au village en courant et n'ont jamais parlé de ce qu'ils avaient vu ou entendu.
Peu de temps après l'oncle qui habitait "Saint Paul de Fenouillet" dans le "66" département voisin des Pyrénées Orientales et qui était parti pour couper du bois dans la foret n'est jamais rentré chez lui... Malgré les recherches faites dans tous les environs on ne le retrouva jamais et le jeune homme qui l'accompagnait faillit périr quelques mois plus tard dans un inexplicable accident de moto alors qu'il se rendait à Perpignan pour raison professionnelles...
Pour rajouter nous avons effectivement trouvée une disparition vraiment mystérieuse concernant un homme de St Paul de Fenouillet et des recherches infructueuses faites pour retrouver cet homme.

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Annexe 5 - Extrait du livre de J P de La Croix - historique du monastère13

Cet ouvage principalement consacré à Felix, nous donne des référence documentaire sur le monastère que je n'ai pas trouvé ailleurs

"Au sixième siècle, quelques religieux remontèrent le cours de l'Aude, et comme pour bénir ses eaux, ils fondèrent, à peu de distance de sa source et dans ce joli vallon, un monastère qu'ils appelèrent Lenis, pour exprimer la douceur et la paix de leur retraite. Les premiers temps de cette institution furent un peu orageux : les fameuses Règles de saint Benoît, le fondateur d'Aniane, et l'égal du grand saint Benoît, fondateur des douze monastères du désert de Sublaco , n'existaient pas encore ; mais dès que le codex régularum fut connu, une charte signalant l'état critique du couvent le réorganisa.
(- Charte de 878 , Archives de Narbonne (Évèché : Monasterium, aliquando Simoniœ distractum, aliquando à pravis hominibus, suâ possessione privatum et ab omni honestate sanctâ régulâ seclusum, et penè ad nihilum reductum et ab omnibus modis desertum et ad .....( illisible ) reductum piâ consideratione cupioillud restaurare in bonum) Déjà, au neuvième siècle, un acte écrit nommait basilique son église ; un autre faisait le détail de ses riches ornemens et de ses beaux pilliers (Archives de Narbonne, Chartes de 878, 923 et 954). Son clocher cherchait à égaler en hauteur les rocs aigus qui entouraient la vallée de Valcarne, et Kalliano (aujourd'hui Quillan) ; la ville la plus voisine ne renfermait dans ses mûrs rien d'aussi magnifique. A l'envi, tous , grands et petits, saints et profanes, voulurent embellir le monastère de Saint-Martin-du-Lez (Plus tard, de Lenis on a fait Lez, puis Lis : ce nom est resté. Saint-Martin était l'ancien nom du couvent : quoiqu'il fût consacré à saint Benoît et que les moines en suivissent les règles, le premier nom lui était resté. La charte qui a établi cette communauté de Bénédictins le dit d'une manière explicite : « Ego Bernardus.... videns quod monasterium loco dicto Lenis juxtà Aditum flumen, sub nomine Sancti Martini consecratum.... » (Archives de Narbonne)). Le pape Agapet, en 954 , confirme par une bulle son abbé Ségarius dans la possession des biens qu'il avait dans le comté de Fénouillèdes, du Razés et du Roussillon, à la charge de payer à l'Eglise Romaine un tribut légitime. Ermengarde, comtesse de Barcelonne, du Conflent et de la Cerdagne ( 981 ) ; Eudes, frère de Roger, comte de Carcassonne et comte du Razés ( 988 ) ; les comtes de Fénouillèdes, et Bernard, comte de Bézalu ( 1020 ), firent à Tracteras, successeur de l'abbé Ségarius, des dons si considérables, que le monastère put s'agrandir et jeter les fondemens d'une seconde église. Wifred, évêque de Carcassonne, accompagné de cinq évêques et d'un innombrable clergé, vint la consacrer. Jamais de telles fêtes ne seront célébrées dans la vallée de Lis, jamais de tels chants ne retentiront dans ces montagnes, dont les échos ont tant d'harmonie.
Pendant six siècles encore, on entendit des voix nombreuses s'élever en chœur ; mais l'orgueilleuse protestation de Luther les jeta dans un morne silence. Les religionnaires arrivèrent en furieux ; ils teignirent de sang les murs du couvent, et laissèrent debout, comme souvenir de leur passage, quelques pans de murailles, qu'on aperçoit encore Aujourd'hui.
Les religionnaires surprirent Alet en 1573, à la fin de Septembre ; ils dévastèrent son évêché et son église, dont les élégantes sculptures, attachées encore à quelques débris de mur qui touchent la route royale de Paris en Espagne, frappent d'étonnement les nombreux voyageurs qui la parcourent. Après le sac d'Alet, les troupes hérétiques suivirent le cours de l'Aude en allant vers sa source : elles pillèrent les maisons qu'elles y rencontrèrent, et s'arrêtèrent devant Quillan, dont les catholiques avaient fait une place forte. Les généraux Roclès et Castelreus campèrent devant cette ville, dont le siège fut long et pénible. Du haut du boulevard carré qui domine le bassin où coule l'Aude, et où sont assises les habitations actuelles, les catholiques firent beaucoup de mal aux religionnaires. Après de constans efforts pendant deux mois, la place fut emportée d'assaut. Mais la fureur des assiégeans ne put être appaisée par le massacre des hommes et des femmes trouvés dans les rues et les maisons de Quillan. Au pillage de cette ville succéda celui du monastère de Saint-Martin ; pas un seul religieux n'échappa au glaive des hérétiques pour en apporter la nouvelle au Pontife de Rome. Un jour après l'entrée des soldats dans le monastère, ces lieux passèrent à l'état de désolation et de tristesse où nous les voyons aujourd'hui.
Ainsi s'accomplissent les mystérieux desseins de la Providence. Les peuples ne suivent pas les rois dans leur exil ou dans leurs persécutions ; on les voit toujours survivre à leur défaite : les religieux disparurent et furent ensevelis sous les ruines du couvent ; mais les nombreux travailleurs auxquels le monastère donnait des moyens d'existence demeurèrent à l'abri des restes précieux de cet antique cloître. Dès que le premier moment d'effroi fut dissipé, ils s'en écartèrent avec respect, et en vue de sa vieille enceinte, comme si sa présence devait être pour eux un gage de bonheur, ils bâtirent quelques pauvres demeures.
Ils veillèrent sur les ruines du monastère, et voulurent sauver son nom de l'oubli. Mgr. de Pavillon, évêque d'Alet, érigea en cure le village de Saint-Martin-Pierre-Lis, comme pour résumer dans son nom la nature de son pays et les désastres qu'avait attirés sur lui la réforme de Luther.
Les bienfaits que les religieux répandaient dans la contrée, les divers ouvriers qu'ils occupaient au monastère, faisaient de leur retraite comme un centre commun où venait aboutir une partie des productions de la province du Roussillon, et du diocèse de Narbonne, dont ils habitaient l'extrémité au couchant. Malgré les secours de la pieuse communauté, les habitans de Saint-Martin furent condamnés à une vie plus pénible, parce qu'il fallait franchir de hautes montagnes pour arriver aux villages voisins. Le pays était ingrat, et le sol bien peu productif, quoiqu'il fût l'objet de leurs labeurs assidus. On observait, en effet, que la fertilité de la contrée n'était plus la même qu'aux premiers temps de la fondation du monastère.
La vallée du Lis étant étroite et formée par des coteaux d'une pente rapide, se trouvait rétrécie, parce que ses côtés avaient été bientôt dépouillés de la terre végétale qui composait les jardins et les vergers du cloître. Quelques pieds de vigne avaient résisté aux orages et aux torrens grossis par la tempête. Grâce à eux, un peu de terrain a été retenu jusqu'à nos jours ; mais il était insuffisant pour fournir aux besoins de la population, et de petits travaux industriels devaient augmenter ses ressources. L'abattage partiel et annuel des bois, le transport du charbon et du fer, le transport des solives pour la construction des radeaux : tels étaient les moyens d'existence des habitans de Saiut-Martin-Lis."

Annexe 6 - Dictionnaire topographique de l'abbé SABARTHÈS4

Fin XIXe S de l'Etat passe commende de recherches sur la toponymie de chacun des départements. C'est abbé SABARTHÈS, en 1912, qui est en charge de cette recherche pour le département de l'Aude, son livre n'est pas particulièrement facile à lire mais est une source précieuse de référence. En l'absence de texte original, je ne fais que faire référence à son ouvrage, le détail de ses recherches sur Saint Martin est repris en intégralité dans le page "vrac".

Annexe 7 - Actes du Monastère de St Martin de l'inventaire Rocques12 (1639)

Antoine Rocques a fait un inventaire manuscrit des actes de donnations faits à l'abbaye de 892 à 1268 (+ 1 acte non daté et un autre bien postérieur) soit 61 pages consacrées à St Martin. Ces actes originellements appartenaient aux archives de l'abbaye de St Martin, transmises à St Pons et qui finalement ont été récupérée par l'archevêché lorsque l'abbaye de St Pons de Thomières lui a rétrocédé St Martin en 1271. Les originaux ayant été perdus lors de l'incendie de l'archevéché de 1793, seul cet inventaire nous permet de reconstituer l'historique de ces donnations. A priori écrit en français (?), personnellement je n'arrive pas à déchiffrer la moitié... La médiathèque de Narbonne a numérisé le texte sous la référence : "Inventaire des actes et documents de l'archevêché de Narbonne, fait en 1639 : III : Actes concernant les seigneuries / Recopié par Anthoine Rocque en 1640. T.5". Rechercher les folios 370 à 400. St Martin Lys, Page d'introduction de l'inventaire Rocques

Un exemple de texte dont l'interprétation peut porter à confusion - celui de l'affaire entre Guidon de Marsa et le monastère

St Martin Lys, Archives de Narbonnes - inventaire Rocques - T3 - Feuillet 395 - acte de 200 de 1208

La maison de St Martin de Lez baillée à fief pour certain temps

Ci dessous la retranscription qu'en fait Jean Lautier5
Item un acte de l'an 1208 par lequel Pierre d'Azillan Prieur de Saint Martin del Lez avec le consentement de l'Abbé de Saint Pons bailla et assigna Guidon de Marsan pour Gaigner pendant sa Vye toute la maison et fiefs de Saint martin del Lez sous la réservation de la censive annuelle au monastère de saint pons de 15 S malgouria, se réservant toutefois l'église et cimetière de St Martin avec ses premyce, avec promese au'il n'alieneroit la Forteresse de la Caune a personne ainsi que pour raison dicelle et tout ce dessuir il seroit fidèle a la maison de Saint Martin et au monastère de Saint Pons".

J'ai préféré vous mettre le texte de Jean Lautier plutôt que ma propre lecture des pates de mouche de Monsieur Antoine Rocques car l'interprétation du texte n'est jamais neutre, il est facile de changer le sens involontairement pour appuyer sa thèse, or j'ai trouvé 2 lectures absolument différentes de ce texte. Pour Jean Lautier c'est le premier pas vers la disparition définitive du monastère puisqu'il est mis en fief, pour d'autres sources au contraire il est la preuve de la fin d'une période de rebelion du seigneur de Marsa
J'espère trouver d'autres sources qui m'éclaireront de façon plus satisfaisantes sur cet acte.

Bibliographie

1site de la Société d'Etudes Scientifiques de l'Aude (SESA)

2 Abbé Maurice Mazières - Compte-rendu d’une recherche historique à Saint-Martin-Lys, MSASC (Mémoires de la Société des Arts et des Sciences de Carcassonne), 4e série, t. IV, années 1960-1962 (extraits repris des fiches de la SESA)1
3 Histoire générale de languedoc en 5 tomes publiés de 1730 à 1745 par claude DEVIC et Joseph VAISSÈTE
4 Abbé SABARTHÈS - Dictionnaire topographique du département de l'Aude comprenant les noms de lieu anciens et modernes
5Jean Lautier, « Le monastère de Saint-Martin-Lys », Bulletin de la Société d'Etudes Scientifiques de l'Aude, t. XCV,1995 page 83
6 Louis Fédié - Le Comté de Razés et le diocèse d'Alet: notices historiques - Carcassonne 1880 p 324 à 330), l'extrait du texte est repris des fiches de la SESA1
7 Recherches historiques sur la ville d'Alet et son ancien diocèse par l'Abbé J.T. Lasserre
8 Gallia christiana in provincia ecclesiasticas distributa.
9 Griffe Élie. La réforme monastique dans les pays audois (seconde moitié du XIe siècle). In: Annales du Midi : revue archéologique, historique et philologique de la France méridionale, Tome 75, N°64, 1963. Actes du colloque international de Moissac (3-5 mai 1963) pp. 457-469
10 Bulle adressée à Aymeric, abbé de Saint-Pons, entre les années 1130 et 1140; publiée par P. Kehr, Papsturkunden in Spanien, t. II : Navarra und Aragon, Berlin, 1928, p. 333-337. Elle fut confirmée par Lucius III en 1182.
11 Histoire de Languedoc3, t. V, col. 571.
12 Bibliothèque municipale de Narbonne, Inventaire Rocques des actes et documents de l'archevêché de Narbonne, t. III (1639), folios 370-400.

13"Vie de Félix Armand, curé de Saint-Martin, diocèse de Carcassonne; Auteur de la route de la Pierre-Lis" par M. J.-P. DE LA CROIX.)


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